LE WEB EST UN OCÉAN D’INFORMATIONS, UNE RÉALITÉ LITTÉRALEMENT INSONDABLE. ALORS QUE GOOGLE N’ATTEINT QUE 16 % DU TOTAL RÉFÉRENCÉ, IL FAIT DÉJÀ OFFICE DE RECORDMAN. DE QUOI EST COMPOSÉ CET INCROYABLE AMONCELLEMENT DE FICHIERS MIS EN LIGNE PAR DES RÉSEAUX CABLÉS ENTRE SERVEURS ? ESSENTIELLEMENT DE MARKETING.

La cité des mille mondes de Valerian

Si vous avez plus de, disons 30 ans, vous avez sans doute connu cette période surprenante pour nos amis plus jeunes, celle où internet n’existait pas. Nous avions des semblants d’ordinateur, des consoles à cartouche, des chanteurs de variété aux coiffures improbables.

A cette époque, le grand patron des foyers, c’était la télévision, suivie de près par la presse magazine. Deux relais d’influence particulièrement puissants pour dicter la vérité aux peuples et diriger des nations.

A l’époque, l’imbécile, l’ignare, le raciste ou le délirant n’avaient aucune tribune, si ce n’est celle d’un bout de comptoir, le verre à la main, pour éructer leur vision du monde. Aucune surveillance n’était nécessaire, car personne n’avait à lui seul le pouvoir de changer le monde, à part les jours de vote. On leur demandait de se taire, et c’était tout. On pouvait les ignorer.

A l’époque, les boutiques achetaient de l’espace publicitaire dans les magazines dédiés à leur public. Cela faisait vivre grassement la presse, qui en a bien profité.

On créait aussi des publicités sur papier glacé qu’on mettait dans les boites aux lettres .

On envoyait, pour les plus audacieux, des lettres en publipostage. Les grands commerces étaient les chaines de magasins qui apportaient au plus près du peuple des produits qu’on ne pouvait pas avoir autrement.

A l’époque, nous avions aussi de la vente par correspondance, l’ancêtre du business-model majeur d’internet aujourd’hui.

Les catalogues de La Redoute ou des 3 Suisses nous permettaient d’être à la mode, même au fin fond de la campagne. Pendant que Vivagel livrait ses surgelés, la ménagère regardait la télévision, mangeait de la publicité qu’elle resservait au repas du soir sous la forme d’un cassoulet William Saurin, et la vie était simple.

Et puis Internet est arrivé.